Uruguay: entretien avec le min. du tourisme Menoni


Au cours des dernières années, l’Uruguay s’est imposé comme l’une des destinations les plus prometteuses d’Amérique du Sud. Petit seulement par sa superficie géographique, mais grand par sa stabilité politique, sa qualité de vie et son ouverture économique, le pays a su se distinguer par une approche mûre et durable du développement touristique.

Montevideo, avec son élégance sobre et cosmopolite, est désormais une référence du Cône Sud, tandis que des destinations comme Punta del Este ou Colonia del Sacramento allient charme, culture et nature dans un mélange de plus en plus recherché par un tourisme de qualité.

Dans ce contexte, le nouveau ministre du Tourisme est confronté à une mission stratégique : consolider les succès obtenus et relancer un secteur qui, après la pandémie, a retrouvé son dynamisme, mais qui nécessite désormais une vision coordonnée et de portée internationale. Les priorités sont claires : attirer de nouveaux flux touristiques, renforcer les infrastructures et intensifier la coopération avec les principaux marchés de référence, en particulier l’Europe et l’Amérique du Nord, sans négliger le dynamisme du tourisme régional.

Le tourisme de croisière joue un rôle clé dans cette stratégie. Ces dernières années, l’Uruguay est redevenu une escale stable sur les itinéraires du sud de l’Amérique du Sud, grâce à des ports comme Montevideo et Punta del Este, qui offrent des infrastructures modernes, un haut niveau de sécurité et un accueil reconnu à l’échelle internationale. Toutefois, le potentiel reste encore largement à exploiter : la capacité de coordination entre les autorités portuaires, les opérateurs locaux et les compagnies de croisière constitue la clé d’une expansion durable et soutenable.

Nous avons rencontré le ministre du Tourisme de l’Uruguay afin d’évoquer les nouvelles perspectives de croissance du pays, les stratégies en cours et l’avenir du secteur des croisières, qui pourrait devenir un pilier fondamental du tourisme uruguayen dans les années à venir. Ces dernières années, l’Uruguay a su renforcer son image internationale en valorisant sa stabilité, sa qualité de vie et son ouverture aux investissements. Le tourisme est l’un des secteurs qui bénéficient le plus de ces atouts, mais il s’agit également d’un domaine qui exige vision, planification et capacité d’adaptation.

Monsieur le Ministre, quelles sont les priorités que vous entendez poursuivre dans cette nouvelle phase de votre mandat et quelle vision d’ensemble guide la stratégie du Ministère pour la relance et l’évolution du tourisme en Uruguay ?

Dans cette phase initiale, ma priorité est de consolider les résultats obtenus par l’Uruguay au cours des dernières décennies, tout en revitalisant un secteur qui a connu de profondes transformations après la pandémie. La reprise mondiale du tourisme a montré qu’il ne suffit plus de revenir aux pratiques antérieures : le monde a changé, les voyageurs ont changé, et les modes de concurrence entre destinations ont également évolué. Aujourd’hui, la créativité, l’innovation permanente et une forte capacité d’adaptation sont essentielles.

L’Uruguay dispose de bases solides sur lesquelles s’appuyer : stabilité institutionnelle, sécurité, qualité de vie et un positionnement international constamment renforcé. Sur ce socle, nous poursuivons une stratégie qui combine une vision globale avec des actions coordonnées entre le secteur public, le secteur privé, les opérateurs touristiques et les autorités départementales. Notre approche consiste à travailler comme un écosystème intégré, capable de réagir avec agilité et d’anticiper les tendances émergentes.

Notre ambition est de développer un tourisme générateur de valeur durable, de répartir la demande de manière plus équilibrée sur le territoire et d’attirer des visiteurs tout au long de l’année, tout en consolidant son rôle de moteur du développement national. Cela implique de promouvoir des emplois de qualité, de dynamiser les économies locales, de stimuler l’innovation, de soutenir un développement territorial équilibré et de renforcer les chaînes de valeur du secteur.

Ma vision globale est claire : nous voulons une offre touristique plus diversifiée, avec des propositions combinant nature, culture, gastronomie, bien-être, événements, patrimoine et expériences authentiques capables de nous différencier sur le marché mondial. Parallèlement, nous souhaitons un tourisme durable, tant sur le plan environnemental que social, en phase avec les attentes du voyageur d’aujourd’hui, qui recherche des destinations fiables, des expériences porteuses de sens et un lien authentique avec les lieux visités.

Aujourd’hui, le tourisme est l’un des secteurs au plus fort potentiel pour générer des opportunités futures en Uruguay. C’est pourquoi notre stratégie vise à garantir que son développement soit non seulement compétitif, mais aussi inclusif, responsable et profondément transformateur pour le pays.

Le tourisme mondial a été confronté ces dernières années à des défis sans précédent ; pourtant, dans de nombreux pays, la reprise a engendré un nouvel élan de créativité et d’adaptation. En Uruguay également, les données semblent indiquer un retour de la confiance, tant de la part des opérateurs que des visiteurs. Selon vous, quel est aujourd’hui l’état de santé du tourisme uruguayen ? Existe-t-il des indicateurs ou des signaux spécifiques attestant d’une reprise stable et durable à long terme ?

Sur le plan international, l’Uruguay est fréquemment reconnu comme un pays capable de conjuguer de manière solide développement économique et durabilité, deux dimensions de plus en plus déterminantes pour les voyageurs, en particulier sur des marchés exigeants comme l’Europe et l’Amérique du Nord.

Bien que le tourisme en Uruguay montre des signes clairs de reprise, le rythme actuel de croissance commence à se stabiliser. Si nous continuons à nous appuyer uniquement sur cet élan, nous ne parviendrons pas à dépasser les résultats des dernières années. Notre objectif est d’innover de manière résolue et de remettre en question les approches établies — en sortant de notre zone de confort — afin d’assurer une croissance soutenue du tourisme récepteur sur le long terme.

Les tendances récentes indiquent une augmentation des arrivées de visiteurs et une demande croissante d’expériences liées à la nature, à la culture et à la gastronomie. En Uruguay, ces tendances se reflètent non seulement dans les indicateurs statistiques, mais aussi dans les retours positifs des opérateurs et des visiteurs, qui découvrent constamment une destination sûre, accueillante et en perpétuelle évolution.

L’Uruguay est souvent cité comme un modèle d’équilibre entre développement économique et durabilité, une combinaison de plus en plus appréciée par les voyageurs contemporains. La durabilité, toutefois, n’est pas seulement un principe abstrait, mais une stratégie concrète qui englobe les infrastructures, la formation et la promotion. Comment cette approche se traduit-elle au sein des politiques touristiques nationales ? Et de quelle manière durabilité, qualité et innovation coexistent-elles dans la vision de votre Ministère ?

Notre vision se reflète dans des politiques visant à diversifier les publics cibles, à moderniser et à professionnaliser les services, tout en préservant les ressources naturelles et culturelles qui font de l’Uruguay une destination unique. Nous sommes pleinement conscients que le marché touristique mondial est de plus en plus compétitif et que, pour cette raison, nous devons garantir une expérience d’excellence pour les visiteurs à tous les niveaux : accessibilité, connectivité, hospitalité, innovation et protection de l’environnement.

La durabilité et la qualité ne sont plus optionnelles ; elles constituent les fondements de la compétitivité internationale. L’innovation, pour sa part, permet à ces deux dimensions de coexister de manière équilibrée et efficace. À cette fin, nous intégrons de nouveaux outils technologiques, renforçons la formation dans l’ensemble du secteur, promouvons des pratiques de tourisme responsable et soutenons les destinations qui cherchent à se distinguer par des produits authentiques et des expériences porteuses de sens.

Nous adoptons également une approche de tourisme régénératif, comme réponse proactive dans les zones où le secteur peut générer un impact positif. Parallèlement, le tourisme a été identifié comme l’un des secteurs prioritaires dans le cadre institutionnel national pour l’Innovation et le Développement, ainsi que pour la durabilité — que ce soit dans les aires protégées, les politiques côtières, la lutte contre le changement climatique ou l’aménagement du territoire. Dans ce contexte, nous mettons en œuvre la Stratégie nationale du tourisme 4.0, qui définit une feuille de route claire pour les prochaines années, notamment en matière de transformation numérique.

Dans un marché mondial de plus en plus compétitif, la capacité à se diversifier et à capter de nouveaux publics est essentielle. Alors que certains pays du Cône Sud misent principalement sur les marchés régionaux, d’autres recherchent un équilibre entre visiteurs locaux et flux intercontinentaux. Quels sont aujourd’hui les principaux marchés de référence pour l’Uruguay ? Et sur quelles zones géographiques ou quels segments touristiques entendez-vous concentrer les prochains investissements promotionnels ?

Tout en continuant à concentrer nos efforts promotionnels principalement sur les marchés traditionnels du Cône Sud, en particulier l’Argentine et le Brésil — qui demeurent fondamentaux pour la stabilité et le volume de notre tourisme récepteur, aux côtés du tourisme domestique — nous portons une attention particulière à certaines zones à fort potentiel, telles que le sud de l’État de São Paulo, ainsi que les régions occidentales de Rosario et de Córdoba, où nous identifions d’importantes opportunités de croissance.

Parallèlement, nous renforçons notre présence sur les marchés long-courriers, notamment en Europe et en Amérique du Nord, où l’on observe un intérêt croissant pour des destinations sûres, stables et durables, dotées d’une forte identité culturelle — des atouts que l’Uruguay offre de manière hautement compétitive. Dans le même temps, nous élargissons notre promotion au reste de l’Amérique latine, en tenant compte d’un contexte géopolitique de plus en plus complexe et restrictif, qui affecte les voyages de nombreux pays de la région vers l’hémisphère Nord.

Du point de vue de la segmentation du marché, au-delà des offres traditionnelles telles que le tourisme de soleil et de mer, nous accordons la priorité aux voyageurs en quête d’expériences culturelles, de contact direct avec la nature, de gastronomie, de tourisme rural, de bien-être et de propositions liées au développement durable. L’Uruguay dispose d’un portefeuille diversifié et adaptable, capable de répondre efficacement à ces segments, de plus en plus orientés vers des expériences authentiques et de haute qualité.

Le tourisme de croisière constitue un volet distinct et stratégique de cette agenda. À l’échelle mondiale, ce segment a connu l’une des reprises les plus rapides et les plus solides après la pandémie, avec une croissance soutenue et une demande de plus en plus diversifiée en termes d’âges, d’intérêts et de profils de voyageurs. En Uruguay, toutefois, l’expansion de ce segment s’est révélée plus complexe. Bien que Montevideo et Punta del Este aient consolidé leur position en tant que ports fiables et attractifs — nous plaçant stratégiquement pour continuer à investir dans le tourisme de croisière au cours des prochaines années — les escales dépendent actuellement d’itinéraires incluant également Buenos Aires. Les coûts liés à l’accès à Buenos Aires constituent donc une contrainte structurelle pour notre croissance.

Notre objectif est de soutenir cette dynamique grâce à une promotion segmentée, des accords avec des opérateurs internationaux et une amélioration continue de l’expérience du visiteur dès le premier contact avec le pays. Nous nous engageons à mettre en œuvre tous les moyens nécessaires — comme nous l’avons fait lors de la dernière saison, où, malgré une baisse du nombre de visiteurs, les dépenses touristiques globales ont augmenté.

Le secteur des croisières a été l’un des plus rapides à se redresser après la crise pandémique, enregistrant une croissance constante et une demande de plus en plus diversifiée. En Amérique du Sud, les destinations qui ont su investir dans les infrastructures et les services obtiennent des résultats significatifs. Quelle est la position de l’Uruguay dans ce contexte ? Pouvez-vous nous dresser un tableau actuel de l’ampleur du trafic de croisières dans le pays, en termes d’arrivées, de saisonnalité et d’impact économique ?

Montevideo et Punta del Este ont consolidé leur position en tant que ports de référence au sein des itinéraires de croisières du Cône Sud. Les deux destinations ont renforcé leurs infrastructures et leurs capacités opérationnelles, en offrant des services conformes aux standards exigés par les principales compagnies de croisières internationales.

Bien que l’activité croisiériste demeure saisonnière, les tendances régionales indiquent une croissance progressive et soutenue. Ce segment génère un impact économique significatif, en stimulant le commerce local, en créant des emplois temporaires, en encourageant les excursions et en dynamisant des secteurs clés tels que la gastronomie, les transports, le guidage touristique et l’artisanat.

L’Uruguay est bien positionné sur la carte régionale du tourisme de croisière et dispose d’un potentiel important pour renforcer encore son rôle, à condition de continuer à s’adapter à l’évolution de la demande et d’offrir des expériences mémorables aux visiteurs débarquant dans nos ports. Toutefois, ces dernières années, nous avons été confrontés à un désavantage contextuel — déjà évoqué précédemment — qui a freiné notre capacité de croissance.

Au cours de la saison 2024–2025, l’Uruguay a enregistré plus de 300 000 passagers de croisière débarqués dans ses ports, générant des dépenses supérieures à 18 millions de dollars américains. Ce chiffre n’inclut pas les ventes d’excursions à bord, les services portuaires ni le ravitaillement des navires.

Montevideo a représenté 75 % des arrivées (234 865 passagers) et 79 % des dépenses touristiques totales (14,6 millions USD), tandis que Punta del Este a accueilli 25 % des visiteurs (78 403 passagers) et généré 21 % des dépenses totales (3,9 millions USD). En ce qui concerne l’origine des visiteurs, les Argentins constituent la part la plus importante (33,6 %), suivis des Brésiliens (30 %) et des voyageurs en provenance d’Amérique du Nord (22,9 %).

Enfin, je souhaite souligner le niveau élevé de satisfaction exprimé par les passagers de croisière lors de leur séjour en Uruguay. À Montevideo, les visiteurs apprécient tout particulièrement la cordialité de la population, ainsi que l’architecture et les monuments de la ville, 67 % d’entre eux ne signalant aucun aspect négatif. À Punta del Este, ce sont les plages, l’hospitalité et la propreté qui se distinguent, 78 % des passagers n’ayant relevé aucun élément défavorable.

Montevideo et Punta del Este constituent aujourd’hui deux piliers des routes de croisières du sud de l’Amérique du Sud. Toutefois, la concurrence régionale évolue constamment et les passagers attendent des ports toujours plus modernes, accessibles et intégrés à leur territoire. Quels projets d’infrastructure ou d’amélioration des services sont actuellement en cours dans les ports uruguayens afin de renforcer l’efficacité opérationnelle et l’expérience globale des croisiéristes ?

Le renforcement de l’écosystème croisiériste uruguayen repose sur une stratégie globale visant à améliorer l’efficacité opérationnelle et à garantir une expérience de qualité supérieure pour les passagers, tant dans les ports que dans les destinations touristiques du pays. Dans ce cadre, le dialogue permanent entre les autorités nationales et internationales et les compagnies de croisières est devenu un pilier essentiel pour attirer de nouveaux itinéraires et assurer une présence régulière dans les programmes mondiaux de croisières.

Le positionnement compétitif du pays ne dépend pas uniquement des améliorations physiques ou technologiques, mais également de l’existence de cadres réglementaires transparents, de la prévisibilité des procédures et d’un esprit de collaboration entre les acteurs publics et privés. Cette approche coordonnée permet la mise en œuvre d’initiatives destinées à optimiser les flux opérationnels, à simplifier les services et à faire en sorte que les escales de navires de croisière se traduisent par des expériences positives pour les visiteurs.

Parallèlement, l’Uruguay continue d’améliorer la qualité des services touristiques complémentaires, de consolider des circuits touristiques accessibles et durables et de renforcer la formation à l’échelle sectorielle. Ces éléments influencent directement la perception des passagers dès leur débarquement. L’ensemble de ces efforts s’inscrit dans une stratégie nationale visant à maintenir et à élargir la présence de l’Uruguay sur les routes de croisières régionales, en positionnant le pays comme une destination fiable, accueillante et de haute qualité.

Le dialogue entre les institutions nationales et les compagnies de croisières constitue un levier stratégique pour attirer de nouvelles routes et garantir la présence stable du pays dans les catalogues mondiaux. Le positionnement compétitif se joue également dans la capacité à offrir des règles claires et une coopération constructive. Comment le Ministère du Tourisme promeut-il la coopération avec les compagnies internationales ? Existe-t-il des accords, des tables rondes techniques ou des initiatives conjointes pour renforcer la présence de l’Uruguay sur les principaux circuits croisiéristes mondiaux ?

Le dialogue continu représente notre outil le plus précieux. Comme l’a souligné un représentant d’une compagnie de croisières, en Uruguay, il est possible d’interagir directement avec tous les principaux décideurs. Nous participons activement à des salons internationaux, événements commerciaux, business rounds et rencontres avec les dirigeants des compagnies de croisières afin de présenter des opportunités, comprendre leurs besoins et construire des relations durables.

Pour approfondir ces liens et étendre l’interaction avec les compagnies croisiéristes à l’échelle mondiale, l’Uruguay est récemment devenu membre Gold de CLIA dans la catégorie Ports & Destinations. Depuis lors, nous avons pris part à de nombreux forums, activités promotionnelles et initiatives de formation organisées par l’association, tant en Amérique Latine qu’en Europe.

De plus, l’Uruguay participe régulièrement à Seatrade Cruise Global, le principal salon international du secteur des croisières, depuis près de 20 ans. En complément, au cours des quatre dernières années, nous avons également pris part à Seatrade Europe et Seatrade Med, dans le but de renforcer les liens avec les compagnies de croisières européennes de plus petite taille, particulièrement pertinentes pour notre marché.

Nous reconnaissons que la valeur de chaque escale dépasse le simple nombre de passagers et concerne également la qualité des relations établies avec la communauté locale. Dans cette optique, nous promouvons des programmes qui intègrent opérateurs touristiques, artisans, entrepreneurs et acteurs culturels, en élargissant l’offre d’excursions authentiques qui enrichissent l’expérience des visiteurs et renforcent le positionnement de l’Uruguay. Ce travail est réalisé en étroite collaboration avec les gouvernements de Montevideo et Punta del Este, ainsi qu’avec les opérateurs locaux des destinations.

Grâce à ces initiatives, l’Uruguay consolide non seulement sa présence dans les itinéraires de croisières, mais est également perçu comme une destination compétitive, fiable et capable d’offrir des expériences distinctives.

La valeur de chaque escale ne se mesure pas uniquement au nombre d’arrivées, mais aussi à la capacité de générer des expériences authentiques et des bénéfices partagés. Chaque passager débarquant représente une opportunité pour l’économie locale, de la gastronomie à l’artisanat, des excursions à la culture. Comment travaille-t-on pour favoriser une plus grande intégration entre tourisme de croisière et développement local ? Et quels outils le Ministère met-il à disposition pour impliquer les communautés et les acteurs territoriaux dans cette chaîne de valeur ?

Depuis plus d’une décennie, l’Uruguay organise chaque mois d’octobre le Regional Cruise and River Nautical Tourism Meeting, en collaboration avec les autorités nationales et départementales. Cet événement est devenu une plateforme clé pour l’intégration régionale et la coordination public–privé, contribuant au développement continu et au renforcement du tourisme croisiériste, tant maritime que fluvial.

La rencontre aborde les principaux défis et opportunités du secteur dans la région, présente les perspectives des armateurs et souligne l’importance de la coopération. Elle favorise également l’échange d’expériences sur les modèles portuaires et les meilleures pratiques pour un tourisme plus sûr, durable et compétitif. Parmi les participants figurent des leaders régionaux, des représentants des principales compagnies de croisières, des autorités portuaires et touristiques d’Argentine, du Brésil, du Chili et de l’Uruguay, ainsi que des associations spécialisées et des membres de la presse.

Cette année, l’événement a été temporairement suspendu, avec l’intention de le reprendre en 2026 dans un nouveau format.

Parallèlement, nous continuons à promouvoir l’intégration grâce à des programmes de formation locaux, au soutien des entrepreneurs, au développement de circuits touristiques thématiques et à l’accompagnement d’initiatives culturelles à intégrer dans l’offre croisiériste.

Nous collaborons étroitement avec les gouvernements départementaux et les organisations communautaires pour garantir que les bénéfices économiques soient répartis tout au long de la chaîne touristique, incluant l’artisanat, la gastronomie, les transports, les guides, les spectacles et les petites entreprises touristiques.

Chaque escale en port représente une véritable opportunité de croissance locale ; notre rôle est de créer les conditions pour que cette opportunité se traduise en revenus concrets et développement durable.

L’Amérique du Sud reste une région à fort potentiel mais également pleine de défis pour le trafic de croisières : la saisonnalité, la distance par rapport aux principaux marchés et la nécessité d’un coordination régionale renforcée sont des enjeux centraux. Quels sont, selon vous, les principaux obstacles que l’Uruguay doit surmonter pour se consolider comme destination de croisière de référence sur le continent ? Et quelles actions concrètes envisagez-vous pour les dépasser ?

Le principal défi consiste à s’adapter à un secteur mondial en profonde transformation. Le tourisme de croisière entre dans une nouvelle ère, caractérisée par la durabilité, l’innovation technologique et la demande croissante d’expériences authentiques.

Pour l’Uruguay, cela implique de continuer à moderniser les infrastructures, améliorer la connectivité, renforcer l’offre touristique terrestre et professionnaliser davantage le secteur. Cela nécessite également le développement de stratégies conjointes avec les pays voisins, puisque les itinéraires régionaux dépendent de la complémentarité des destinations.

Les initiatives actuelles se concentrent sur la formation sectorielle, l’amélioration des services, la conception d’expériences innovantes pour les passagers et les incitations à l’investissement permettant d’accueillir des navires répondant à des standards environnementaux et technologiques plus élevés. Réduire la dépendance de nos ports vis-à-vis d’autres hubs régionaux requiert un coordination internationale, un objectif que nous poursuivons activement.

Le tourisme de croisière mondial connaît une nouvelle phase : durabilité, innovation technologique et diversification de l’expérience sont les mots-clés guidant l’évolution de l’industrie. L’Uruguay, avec sa combinaison d’authenticité, de sécurité et de modernité, a toutes les cartes en main pour devenir un acteur de premier plan. En regardant vers l’avenir, quelle vision imaginez-vous pour le rôle de l’Uruguay dans les circuits croisiéristes internationaux ? Et quel message souhaitez-vous transmettre à l’industrie pour encourager une présence plus forte et durable dans le pays ?

Nous imaginons l’Uruguay comme un partenaire stratégique dans le Cône Sud, offrant des ports attractifs, des services de haute qualité et des expériences à terre caractérisées par leur authenticité. Les ressources naturelles et culturelles de notre pays nous différencient, positionnant l’Uruguay comme une destination fiable et compétitive pour les compagnies de croisières internationales.

Notre message à l’industrie est clair : l’Uruguay est prêt à croître, innover et collaborer. Nous sommes une nation ouverte et stable, prête à accueillir des investissements, développer des projets conjoints et offrir aux voyageurs des expériences mémorables.

Les efforts de planification de notre agence publique responsable de l’administration portuaire (ANP – Administración Nacional de Puertos), en particulier dans le développement des infrastructures pour l’alimentation électrique des navires à quai à grande échelle, soulignent notre vision pour l’avenir : croissance durable et expansion continue du secteur croisiériste.

Nous invitons les compagnies de croisières à découvrir un pays authentique, accueillant et fascinant — une destination qui, saison après saison, continue de conquérir une place dans le cœur des visiteurs et dans les itinéraires les plus renommés du monde.

Je remercie le Ministre pour sa disponibilité et la clarté avec lesquelles il a partagé la vision et les perspectives du tourisme uruguayen.

L’Uruguay se confirme comme un pays qui regarde l’avenir avec réalisme et ambition, prêt à mettre en valeur ses excellences et à collaborer avec les grands acteurs internationaux du secteur des croisières. Une invitation qui n’est pas seulement institutionnelle, mais aussi personnelle : découvrir l’Uruguay, c’est explorer un territoire authentique, accueillant et surprenant, une destination qui, saison après saison, gagne sa place dans le cœur des voyageurs et dans les itinéraires des compagnies de croisières les plus prestigieuses.

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Gabriele Bassi

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