Bien plus qu’une simple présence sur un salon professionnel, la participation de MedCruise à Seatrade Cruise Med 2026 a démontré concrètement à quel point le networking demeure l’une des infrastructures invisibles, mais déterminantes, de l’industrie des croisières. À Las Palmas de Gran Canaria, l’Association des ports de croisière de la Méditerranée a conclu deux journées intenses de rencontres, d’échanges et de développement commercial, en mettant au cœur de son action non seulement la promotion de ses membres, mais surtout la nécessité de renforcer les liens entre les ports, les destinations, les compagnies de croisière et les acteurs internationaux du secteur.

Le cœur opérationnel de la présence de MedCruise a été un pavillon de 360 mètres carrés, conçu comme un véritable hub d’affaires plutôt que comme un simple espace d’exposition. Cinq membres y ont participé avec des stands individuels, tandis que 13 autres disposaient de tables dédiées. Les membres ne bénéficiant pas d’un espace propre ont, quant à eux, pu utiliser des tables B2B réservables pour organiser des rendez-vous avec les compagnies de croisière et les autres acteurs du secteur. Une formule flexible, conçue pour s’adapter à différents niveaux de présence commerciale, qui a donné un résultat très concret: plus de 100 rendez-vous B2B au cours des deux journées.
Et c’est probablement là que réside l’élément le plus intéressant sur le plan commercial. À l’heure où le secteur parle constamment de nouveaux navires, de capacités, d’infrastructures et de développement des destinations, MedCruise a remis l’accent sur la valeur des relations directes. Pour un port ou une destination, être présent à un événement international ne signifie pas seulement présenter une brochure ou mettre en avant de nouveaux terminaux et itinéraires: il s’agit de s’asseoir à la table avec ceux qui planifient les escales, de comprendre les priorités des compagnies, d’identifier de nouvelles opportunités et, surtout, de transformer un premier contact en une relation durable.

La dimension commerciale s’est accompagnée d’une forte dimension éditoriale et de contenu. Le pavillon MedCruise a accueilli la sixième réunion du Working Group consacrée aux études d’impact économique (Economic Impact Assessments), avec une table ronde axée sur les ports espagnols. La session, présentée par Lorenzo Vera Franco avec la participation de Verónica Verdesoto Gómez, de Puertos del Estado, a mis l’accent sur la nécessité de disposer de données solides et comparables afin de mesurer et de communiquer la contribution économique directe, indirecte et induite générée par l’activité croisière dans les ports et les destinations. Un enjeu loin d’être secondaire. La capacité à démontrer, à l’aide de données fiables, l’impact économique des croisières devient de plus en plus stratégique dans les relations entre les ports, les administrations locales et les communautés. Il ne suffit plus de parler de manière générale des retombées positives: il faut des indicateurs, des méthodologies communes et des outils capables d’expliquer avec davantage de précision où et comment la présence des navires génère de la valeur.
MedCruise a également joué un rôle important dans le programme de conférences de Seatrade Cruise Med, avec 19 membres et représentants intervenant en qualité de conférenciers. Les thèmes abordés reflètent fidèlement les priorités qui redessinent aujourd’hui l’agenda des ports méditerranéens: croisières d’expédition, intelligence artificielle et technologies, gestion des destinations, infrastructures à terre, tourisme responsable, expérience des visiteurs et avenir de la croisière dans la région. La diversité des sessions a mis en évidence un constat désormais incontournable: le port de demain ne peut plus se limiter à la gestion technique des escales. Il doit être à la fois une infrastructure, un interlocuteur de la ville, un facilitateur touristique, un acteur économique et, de plus en plus souvent, un véritable laboratoire d’innovation. Parmi les sujets abordés au cours de ces deux journées, une place particulière a été accordée au développement durable de l’industrie des croisières, aux relations entre le port, la ville et les communautés, à la numérisation et à l’innovation, à la valeur économique générée par le secteur ainsi qu’à la nécessité de gérer les destinations de manière plus responsable, tout en créant des expériences significatives pour les passagers et des retombées tangibles pour les territoires. Ces enjeux ne peuvent désormais plus être traités séparément: compétitivité, durabilité et qualité de l’expérience doivent nécessairement avancer de concert.

Le contexte revêt une importance encore plus grande au cours de l’année où MedCruise célèbre ses trente ans d’activité. Créée à Rome en 1996 à la suite d’un accord entre 16 ports de sept pays, l’Association représente aujourd’hui 171 ports de croisière et plus de 67 membres associés répartis dans 22 pays d’Europe, d’Asie et d’Afrique. Des chiffres qui témoignent de la croissance de l’organisation, mais aussi de la complexité croissante de sa mission: réunir autour d’une même table des acteurs très différents par leur taille, leurs marchés et leurs priorités, tout en cherchant à construire une voix commune pour la Méditerranée et les mers adjacentes. Las Palmas a donc offert à MedCruise bien plus qu’une simple vitrine. L’événement a constitué une occasion de mesurer la valeur du réseau, de renforcer les relations commerciales et d’échanger sur des enjeux qu’aucun port ne peut désormais relever entièrement seul. Après trente ans d’existence, le défi ne consiste pas simplement à poursuivre la croissance du réseau, mais à transformer ce réseau en un outil toujours plus efficace pour renforcer la compétitivité de ses membres et construire un développement de l’industrie des croisières capable de relever les défis d’un marché en évolution rapide.
Gabriele Bassi

